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La Planète Revisitée : des expéditions naturalistes sans précédent pour mieux connaître la biodiversité 4 novembre 2009

Posté par Saida Nature dans : Développement durable, Environnement, Ecologie, Biodiversité , ajouter un commentaire

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Vue aérienne au Mozambique. Crédit : Olivier Pascal / PNI
Christophe Magdelaine, notre-planete.info (tous droits réservés)

A la veille de l'Année Internationale de la Biodiversité, le constat est accablant : le rythme d'extinction des espèces est exceptionnel dans l'histoire de l'humanité. C'est l'occasion pour le Muséum national d'Histoire naturelle de Paris et Pro-Natura International en partenariat avec l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), de lancer « La Planète Revisitée », un programme d'expéditions naturalistes sans précédent.

« La Planète Revisitée », est un important et ambitieux programme d'expéditions naturalistes qui s'étalera sur 10 ans. Son objectif : effectuer un inventaire massif de la biodiversité dans des zones géographiques jusqu'ici peu explorées. Ceci permettra d'accélérer la découverte d'espèces nouvelles pour la science, en concentrant les efforts sur les régions de la planète considérées comme prioritaires pour la conservation de la nature.

Dans la lignée de Santo 2006, un ambitieux programme d'expéditions

Ce programme d'explorations profite des mêmes méthodes d'investigation mises en place sur Santo 2006. Il y a 3 ans, cette expédition a en effet permis d'échantillonner pas moins de 10 000 espèces, dont plusieurs centaines de nouvelles, et démontré ainsi que des inventaires ambitieux pouvaient être menés grâce à des moyens humains et logistiques appropriés.

Fort du succès de cette expérience, la Planète Revisitée a choisi de consacrer ses recherches à la biodiversité “négligée”. Constituée essentiellement d'espèces d'invertébrés (marins et terrestres) de petite taille et naturellement rares, cette biodiversité joue pourtant un rôle fondamental dans l'équilibre des écosystèmes, bien que sous-échantillonnée et sous-étudiée.

Parmi les régions considérées comme les plus riches en espèces et les plus menacées de la planète – Hotspots (selon l'ONG Conservation International) ou Ecorégions prioritaires (selon le WWF), Madagascar et le Mozambique ont été identifiés comme des espaces d'explorations majeurs et prioritaires. Ils concentrent en effet un nombre record d'espèces endémiques (présentes uniquement sur leur territoire) de plantes et d'animaux, et un déficit de connaissances dans un contexte de menaces de disparition.

Le conflit dont a souffert le Mozambique pendant près de deux décennies a entraîné un déficit de connaissances sur ce pays. Quant à Madagascar, l'attention des ONG internationales s'est essentiellement concentrée sur les forêts humides et les récifs coralliens, au détriment d'autres régions et écosystèmes de l'île. Ces deux grands pays, qui bordent le Canal du Mozambique, constituent donc un objet d'étude privilégié pour la première étape de la Planète Revisitée.

L'agenda de l'expédition

Entre avril 2009 et juin 2010, Madagascar et le Mozambique accueillent une série d'expéditions marines et terrestres. Menées sous la direction du Professeur Philippe Bouchet (Muséum national d'Histoire naturelle) et d'Olivier Pascal (Pro-Natura International), ces expéditions ont pour ambition de développer les connaissances existantes sur la biodiversité de régions considérées comme les plus riches en espèces mais également les moins connues et les plus menacées de la planète.

Le Mozambique
Novembre-Décembre 2009

Expédition terrestre dans les forêts sèches du Nord du Mozambique

Objectif : explorer et décrire la faune et la flore terrestres (insectes, petits mammifères, plantes…)
*
crédit : J.Leborgne/ MNHN

Madagascar
Avril 2009

Expédition marine dans les fonds crevettiers à bord du navire océanographique Vizconde de Eza

Objectif : échantillonner la faune aquatique profonde du Canal du Mozambique

Juin-Juillet 2009

Exploration à bord du crevettier Miriky

Objectif : échantillonner les fonds entre 100 et 1000 m de profondeur au Nord du Canal du Mozambique

Avril-Juin 2010

Expédition marine Atimo Vatae dans les eaux froides de l'extrême Sud de Madagascar (région de Fort Dauphin)

Objectif : explorer et décrire la faune et la flore marines (mollusques, poissons, algues…)
*
crédit : J.Leborgne/ MNHN

Les échantillons collectés

Les expéditions naturalistes, telles que celle organisée au Mozambique, ont pour objectif principal de compléter les connaissances sur la diversité biologique et de découvrir de nouvelles espèces d'organismes. Nombre de groupes terrestres sont très mal connus, et nos connaissances actuelles des espèces de certains groupes zoologiques n'excèdent pas 10 % de leur diversité mondiale estimée.

C'est pourquoi, pour chaque échantillon, les données relatives à la collecte sont notées et stockées en base de données. Ainsi, la localité, les coordonnées géographiques, la date, le collecteur et les conditions de collecte sont systématiquement joints à l'échantillon. Pour certains groupes, des photographies des animaux vivants sont prises, facilitant ensuite le suivi de l'échantillon et permettant l'illustration des futurs travaux.

La nature vit sa sixième extinction de masse

Disparition des habitats (forêts, récifs coralliens,…), surexploitation, pollution, changements climatiques, … les causes de la disparition du vivant sont nombreuses et l'ampleur de la crise de la biodiversité est désormais avérée. Le nombre réel d'espèces vivantes se situerait entre 8 et 30 millions, alors que seulement 1,8 million sont connues à ce jour. Le quart, voire la moitié des espèces, pourrait disparaître d'ici le milieu ou la fin du siècle ; l'enjeu est donc de taille et nécessite plus que jamais d'impulser un nouveau rythme d'explorations et de descriptions de la biodiversité, pour mieux la connaître et donc la protéger.

Nous ne manquerons pas de retracer sur Saida Nature les plus grandes découvertes de cette expédition naturaliste sans précédent !





La perte de biodiversité ne cesse de s’aggraver, les objectifs de l’ONU ne seront pas atteints 19 octobre 2009

Posté par Saida Nature dans : Environnement, Ecologie, Biodiversité , ajouter un commentaire

Diversitas
D’après les prévisions des experts du secteur, les objectifs définis par la Convention des Nations Unies (ONU) sur la diversité biologique de 2003 en vue d’enrayer la perte de biodiversité au niveau mondial ne seront pas atteints. C’est au commencement de la conférence scientifique ouverte Diversitas(1), qui se tient du 13 au 16 octobre au Cap en Afrique du Sud, que cette information nous est parvenue.

Les experts participant au programme Diversitas(2) sur la biodiversité appellent à la définition de nouveaux objectifs davantage fondés sur la science pour contenir la perte continue des espèces. En outre, ils soutiennent l’idée de créer un organisme consacré à la biodiversité, un équivalent au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), afin de donner la parole à la communauté scientifique spécialisée dans la biodiversité. La création d’un tel organisme nécessitera cependant l’accord de l’assemblée générale de l’ONU.

«Il est difficile d’envisager une priorité plus importante que la protection des services écosystémiques qui reposent sur la biodiversité», déclare la vice-présidente de Diversitas professeur Georgina Mace de l’Imperial College de Londres, au Royaume-Uni. «La biodiversité est indispensable aux humains car elle nous fournit nos aliments, des combustibles, de l’eau potable et un climat habitable.»

«Et pourtant, les changements dans les écosystèmes et la perte de biodiversité sont de plus en plus rapides. Depuis 1992, même les estimations les plus conservatrices s’accordent à dire qu’une partie de la forêt tropicale plus grande que la Californie a été détruite à des fins de production d’aliments et de combustibles», déplore le professeur Mace, ajoutant que les taux d’extinction des espèces sont environ 100 fois plus importants que ceux relevés dans les ères pré-humaines, et ne cessent d’augmenter.

Actuellement, ce développement est particulièrement inquiétant au niveau des écosystèmes d’eau douce. D’après les experts de Diversitas, les espèces vivant en eau douce sont les plus menacées sur Terre, et leurs taux d’extinction sont de quatre à six fois plus importants que ceux de leurs homologues terrestres et marins. Pourtant, comme le font remarquer les experts de Diversitas, leur importance écologique et économique a jusqu’à présent été négligée par les décideurs politiques. Bien qu’ils ne couvrent que 0,8% de la surface de la planète, les systèmes d’eau douce abritent 10% de toutes les espèces animales et absorbent environ 7% des émissions de carbone d’origine humaine. Ces systèmes n’ont que récemment attiré l’attention, comme le montre par exemple la stratégie de l’Union européenne sur la biodiversité.

«Les services écosystémiques sont difficiles à évaluer, ce qui a mené à une certaine négligence politique et à la perte irréversible d’espèces vitales pour le bon fonctionnement de l’environnement», fait remarquer Anne Larigauderie, directrice générale de Diversitas, en insistant sur l’importance de l’échange des connaissances entre les experts.

«Les preuves scientifiques sont désormais claires et évidentes : nous sommes à la veille d’une crise importante de la biodiversité des eaux douces», ajoute le professeur Klement Tockner de l’institut Leibniz d’écologie des eaux douces et des pêches intérieures à Berlin, en Allemagne. «Et pourtant, peu s’inquiètent du déclin catastrophique de la biodiversité des eaux douces aux niveaux local et mondial.»

Le professeur Tockner prévient que la détérioration de ces systèmes aquatiques (malgré leur taille relativement petite) peut affecter le bilan carbone régional : «Les écosystèmes d’eau douce seront les premières victimes du changement climatique et de la demande croissante en eau. L’extinction des espèces s’accélère, particulièrement dans des ‘zones sensibles’ situées autour de la Méditerranée, en Amérique centrale, en Chine et dans le Sud-Est de l’Asie.»

En savoir plus

Notes
(1) Conférence scientifique ouverte de Diversitas

(2) Diversitas est un programme international consacré à la biodiversité. Il a été créé en 1991 par l’UNESCO (l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture), le Comité scientifique sur les problèmes de l’environnement (CSPE) et l’Union internationale des sciences biologiques (UISB) afin de traiter des questions scientifiques concernant la perte et les changements de biodiversité au niveau mondial. En tant que programme générique international non gouvernemental, Diversitas vise à optimiser l’impact des initiatives sur la biodiversité dans le monde en facilitant le transfert de connaissance et en renforçant les réseaux scientifiques.

Référence
World Will Miss 2010 Target To Stem Biodiversity Loss - Diversitas

Mise au Point sur le Changement Climatique 12 octobre 2009

Posté par Saida Nature dans : Environnement, Ecologie, Réchauffement Climatique , ajouter un commentaire

John Theodore Houghton

Beaucoup de gens se demandent quelle exactitude accorder à la science du changement climatique. L’examen le plus définitif établissant sa valeur scientifique se trouve dans les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et son dernier grand rapport publié en 2007. J’ai eu le privilège d’être président et coprésident des évaluations scientifiques du Groupe de 1988 à 2002.

par John Theodore Houghton

Des scientifiques de tous pays ont travaillé par centaines aux rapports du GIEC, comme auteurs ou comme éditeurs-réviseurs. Ces évaluations internationales sont probablement parmi les évaluations les plus larges et les plus exhaustives qui s’effectuent sur quelque sujet scientifique que ce soit. En juin 1995, à la veille du sommet du G8 en Ecosse, les académies scientifiques de 11 des plus grandes économies du monde (le G8, plus l’Inde, la Chine et le Brésil) ont publié une déclaration ratifiant les conclusions du GIEC et exhortant les gouvernements du monde à prendre des mesures d’urgence pour lutter contre le changement climatique. Les scientifiques les plus qualifiés du monde n’auraient pas pu être plus fermes.

Malheureusement, des millions de dollars sont dépensés en campagnes de désinformation sur le changement climatique, pour satisfaire de puissants intérêts privés. On s’en est pris d’abord au réchauffement planétaire, auquel on a tenté de dénier tout fondement scientifique. Plus récemment, le caractère anthropique (qui est du fait de l’homme) du changement climatique a été largement admis, mais avec l’allégation que ses répercussions ne seraient pas importantes, qu’“on verrait bien,” et que, quoiqu’il advienne, on pourrait toujours réparer les choses, si elles se compliquaient.

Ces avis n’ont aucune preuve scientifique à l’appui. Il faut instamment prendre les mesures qui s’imposent, à la fois pour s’adapter à l’inéluctable changement climatique et pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et en particulier celles de dioxyde de carbone, si l’on veut autant que possible éviter de nuire davantage à l’environnement.

Au Sommet de la terre de Rio de 1992, les nations du monde ont souscrit à la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC), qui a pour objet de “stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation dangereuse du système climatique…, pour que les écosystèmes puissent s’adapter naturellement aux changements climatiques, que la production alimentaire ne soit pas menacée et que le développement économique puisse se poursuivre de manière durable.” Cette stabilisation devrait éventuellement conduire à enrayer le changement climatique.

On reconnaît maintenant que les cataclysmes, causés entre autres par la hausse du niveau des mers, les canicules, plus fréquentes et intenses aujourd’hui, les inondations et la sécheresse, se produisent dès les plus faibles augmentations de température globale moyenne. Par conséquent, il faut fournir des efforts soutenus pour empêcher la température moyenne de la Terre de s’élever de plus de 2° C par rapport aux niveaux préindustriels.

C’est une cible qu’il nous est possible d’atteindre, si l’on parvient à limiter le taux de concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère à 450 parties par million (son taux s’élève actuellement à 390 ppm). Ce qui signifie qu’avant 2050, les émissions de dioxyde de carbone devront globalement diminuer d’au moins 50% de leurs niveaux de 1990 (ils sont aujourd’hui à 15% au-dessus) – les émissions moyennes des pays développés devront, quant à elles, diminuer de 80% minimum. Le Royaume Uni s’est déjà engagé à s’astreindre à ces niveaux de réduction et le président Barack Obama a exprimé son intention de lancer les Etats-Unis sur cette cible également.

Il est un préalable clair, celui d’avoir, dans les dix ou vingt prochaines années, mis un terme à la déforestation tropicale, responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre. Quant aux émissions imputables à l’utilisation de combustibles fossiles, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a établi, dans ses “Perspectives des technologies de l’énergie,” l’évaluation détaillée des besoins des différents pays et secteurs en politiques de technologie pour remplir ces objectifs.

L’AIE indique que des mesures énergiques et décisives sont à programmer impérativement, afin que, à court terme, les émissions globales de dioxyde de carbone aient cessé d’augmenter (elles augmentent actuellement de 3% par an), qu’ensuite elles aient atteint leur maximum en 2015, et qu’enfin elles décroissent régulièrement jusqu’à l’horizon 2050. L’AIE indique également que ces objectifs peuvent être satisfaits sans dégâts économiques inacceptables. L’AIE dénombre même les nombreux avantages dont on pourrait bénéficier en suivant ses recommandations.

Il est primordial, aujourd’hui, de reconnaître que le changement climatique anthropique touche nos enfants, nos petits-enfants, les écosystèmes de la planète, et les communautés les plus pauvres du monde, et que la gravité de ses répercussions peut considérablement s’atténuer, si c’est maintenant que l’on agit.

John Theodore Houghton a enseigné la climatologie à l’Université d’Oxford. Il a fondé le Hadley Centre for Climate Prediction and Research et a été coprésident du groupe d’experts d’évaluation scientifique de l’IPCC (GIEC), dont les trois premiers rapports ont été publiés sous sa direction.

Copyright: Project Syndicate, 2009.
www.project-syndicate.org
Traduit de l’anglais par Michelle Flamand

Quatre Etapes Essentielles pour Réussir Copenhague 7 octobre 2009

Posté par Saida Nature dans : Environnement, Ecologie, Réchauffement Climatique , ajouter un commentaire

yvodeboer238px.jpgNEW YORK – La conférence des Nations Unies sur le climat qui doit se tenir à Copenhague cette année, représente pour l’humanité une occasion historique de se mesurer à ce défi et de le résoudre de manière décisive. La nécessité de réduire foncièrement les émissions de gaz à effet de serre est irréfutable, si l’on veut éviter que le changement climatique ne tourne au chaos climatique.

Il reste tout juste neuf mois, avant de toucher au terme de ce qui est l’un des processus de négociations les plus compliqués du monde aujourd’hui. L’an dernier, les négociateurs sont parvenus à une meilleure compréhension de ce qu’ils attendent des divers aspects du plan d’action qu’ils ont adopté à Bali, et ont recueilli idées et propositions. Le processus politique est maintenant entré dans une phase où se profilent des zones de convergence. Ces zones fournissent les bases d’une esquisse initiale d’accord, qui sera présentée à Bonn en juin.

Afin d’entrer en application mondiale avant 2013, l’accord de Copenhague doit répondre aux exigences politiques de tous les pays membres. Pour ce faire, il faut, dès cette année, obtenir toute la clarté sur quatre points-clé politiques.

Clarté, en premier lieu, sur des objectifs de réduction des émissions ambitieux et juridiquement contraignants pour les pays industrialisés. Sans de tels objectifs, la communauté internationale ne prendra pas les mesures qui s’imposent pour s’occuper du réchauffement, et les pays en développement auront du mal à croire à la bonne foi des pays industrialisés pour remédier à un problème dont ils sont les premiers responsables.

Il y a des signes positifs dans ce sens. Par exemple, l’Union européenne a donné son accord à un paquet énergie-climat, grâce auquel elle pourrait atteindre d’ici 2020, son objectif de 20% de réduction de ses émissions par rapport aux niveaux de 1990 (30%, si d’autres pays industrialisés s’y conforment). Aux Etats-Unis, le président Barack Obama a exprimé sa volonté de parvenir à 80% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, et de revenir aux taux de 1990 d’ici 2020. D’autres pays, comme la Russie et le Japon, annonceront leurs objectifs à mi-parcours, dans le courant de l’année.

Clarté, en deuxième lieu, sur l’ampleur que les principaux pays en développement peuvent se permettre de donner à leurs actions nationales de mitigation, pour aller au-delà des actions en cours. Pour beaucoup de pays industrialisés, en particulier les Etats-Unis, il sera très difficile de parvenir à un accord, si leurs citoyens ne voient pas que les principaux pays en développement sont aussi prêts à aller plus loin.

Un certain nombre de pays en développement, comme la Chine, l’Inde, le Brésil, et l’Afrique du Sud, ont déjà mis en œuvre, vis-à-vis du réchauffement ou de l’énergie, des stratégies nationales qui donnent une idée de l’intensification qu’ils pensent pouvoir apporter dans leur réponse au problème, en dépit des contraintes économiques. Beaucoup d’entre eux proposent des idées qui amplifieraient leurs mesures nationales de mitigation.

Clarté, en troisième lieu, sur les financements. L’amplitude de l’action des pays en développement dépendra en grande partie des contributions effectives de la coopération internationale sur le plan financier et sur le plan des technologies propres. Il nous faut savoir à quelle hauteur se situera l’aide financière aux pays en développement, qui leur permettra de limiter leurs émissions et de s’adapter aux effets du changement climatique.

Quelques idées intéressantes circulent. Les pays industrialisés suggèrent par exemple de mettre les droits d’émission aux enchères et de reverser une partie des recettes à l’aide internationale – ce que l’Allemagne a déjà mis en pratique. C’est une idée que contient aussi la loi Liebermann-Warner, exemple de proposition de loi sur le changement climatique aux Etats-Unis. La Norvège propose de monétiser une partie des budgets que les pays industrialisés consacrent aux émissions, et de permettre à l’aide internationale de bénéficier des profits.

Le marché des émissions et les mécanismes de marché continueront à jouer un rôle. Ceci dit, la feuille de route de Bali s’attache à la nécessité pour les pays en développement de mettre en œuvre des actions nationales de mitigation. Le marché du carbone ne peut être le seul instrument, et il faudra compter sur la coopération entre gouvernements.

Clarté, en dernier lieu, sur le type de gouvernance que choisira la Convention. Si d’importantes ressources financières sont dégagées pour la mitigation et l’adaptation, les pays en développement auront besoin d’une instance qui prescrive comment cet argent doit être alloué et dépensé. Les structures de cette gouvernance devront fonctionner dans le respect de principes démocratiques et équitables.

Cette année d’intenses négociations connaîtra de nombreux défis. Mais l’établissement de la clarté dans ces quatre domaines sera essentiel au succès de Copenhague.

Yvo de Boer est le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique.

Copyright: Project Syndicate, 2009.
www.project-syndicate.org
Traduit de l’anglais par Michelle Flamand